Bien que la notion du libertinage soit introduite chez nous depuis plus de dix ans, nous
n'en connaissons qu'une petite partie qui ne permet pas d'en saisir la notion en global. Il est
temps, alors, de prendre acte des recherches récentes comme Les libertins du XVIIème siècle
de Jacques Prévot pour réévaluer la pertinence de la notion de libertinage. Et on commence
par étudier, dans cet article, la politique du XVIIème siècle vue par les libertins. La politique
est un des sujets primordiaux pour se faire une idée claire de la pensée libertine du XVIIème
siècle.
Les libertins n'approvent ni l'absolutisme fondé sur le machiavelisme perverti ni la
théocratie fondée sur le féodalisme nostalgique. Pour les libertins qui sont tout d'abord
humanistes, ce qui compte à eux, ce n'est ni l'Etat ni la religion. C'est l'homme-individu. Les
deux théories de la politique confrontées à l'époque sont, toutes les deux, ne visent qu'à
justifier le totalitarisme : l'un est l'absolutisme l'autre, la théocratie. La politique doit etre plus
humaine que théorique. C'est le consentement partagé de tous les écrivains libertins comme
Guy Patin et La Motte le Vayer.
Sur un plan théorique la pensée libertin concernant la politique n'a vraiment pas contribué
à la constitution de la pensée politique du temps. Dans le champ des pratiques, ils
n'exercaient non plus des influences. Voire ils n'ont pas réussi à proposer une nouvelle
conception politique. Mais malgré tout, leur interventions dans de divers textes concernant la
politique ont une valeur significative. Ils avaient du courage de contrecarrer les deux régimes
imposés par des pouvoirs dont la puissance était redoutable. Ce courage est une qualité
principale des libertins approuvée par Jaques Prévot.
On a brièvement retracé la situation politique au temps du Louis XIII vue par les libertins.
On voudrait que cet article sollicite les curiosités sur le libertinage pour que se multiplient
des plateaux de recherche où on spécifierait ce que l'on entend au juste par le libertinage.


